Histoire et patrimoine

Blottie au cœur d'une vallée fertile, entre deux petites rivières, le Mable et la Veude, Champigny est citée vers 1080 sous le nom de Campiniacus.

L'église paroissiale existe déjà à cette époque. Une première forteresse est construite vers l'an mil par un chevalier BERNIER et Robert de Blo, vassaux des Comtes d'Anjou. De grandes familles (Beaucay, Artois, Anjou, Beauvau) vont se succéder. En 1472, les Bourbons Vendômes sont propriétaires de Champigny.

Les Bourbons Montpensier seront les bâtisseurs de la Chapelle Saint-Louis et du Château. Situé sur la route touristique de la Vallée de la Veude, Champigny-sur-Veude est une étape historique et architecturale exceptionnelle, avec la visite de la Chapelle Saint-Louis dont les vitraux sont considérés comme l'un des plus beaux témoignages de l'art du vitrail au XVIème siècle.

N'oubliez pas de partir par la rue des Cloîtres à la découverte des vieilles maisons de caractère de ce village harmonieux en limite de la Touraine et du Poitou.

 

Château et Sainte-Chapelle

C'est sans doute la proximité des résidences royales de la vallée de la Loire qui est à l'origine de la décision de Louis Ier de Bourbon, comte de Vendôme, puis de son fils Louis II, premier Duc de Montpensier, d'édifier de 1507 à 1543 un château avec ses communs et une prestigieuse collégiale gothique et Renaissance qui sera la chapelle funéraire des membres d'une famille appartenant à la très haute noblesse française.

Un geste iconoclaste. Aujourd'hui ne subsistent que les communs, dont le magnifique pavillon Jupiter, visible depuis la grille d'entrée principale et la Sainte–Chapelle qui ne doit son salut qu'à son statut spécifique : sa destruction était subordonnée à l'avis du Pape Urbain VIII qui s'y opposa.

Le superbe édifice que constituait le château qui se trouvait dans la perspective de la cour d'honneur et face à la chapelle, a été rasé à partir de 1635 sur ordre du cardinal de Richelieu, qui était devenu propriétaire du domaine à la suite d'un contrat d'échange assez suspect avec Gaston d'Orléans, frère du Roi Louis XIII.

Cette nécropole des Bourbons devait faire de l'ombre à la ville et au château que le cardinal faisait construire à quelques kilomètres de là. Un jugement du Parlement de Paris réparera cet outrage en restituant le domaine à la fille de Gaston d'Orléans, Anne Marie Louise d'Orléans, duchesse de Montpensier, en 1656.

La Sainte-Chapelle Saint-Louis ou la glorification des Bourbons

Les Bourbons descendaient de Saint Louis par son sixième fils, Robert de Clermont, et avaient donc le privilège de fonder une Sainte Chapelle dont le modèle architectural est celle de Paris édifiée par Saint- Louis en 1248 pour abriter les Saintes Reliques de la Passion du Christ. Instruments de puissance, elles assurent le rayonnement et la protection de celui qui les possède. Des processions et des ostensions étaient organisées par les chanoines.

Louis II de Bourbon-Montpensier sera le seul héritier, à partir de 1527, de l'immense fortune de son beau-frère le connétable Charles III de Bourbon qui, banni du royaume par François Ier, était mort au service de l'empereur Charles Quint, devant Rome.

Il n'est pas invraisemblable que cette fortune ait servi à terminer les travaux de la chapelle. Elle devait être à la fois le signe tangible de la réhabilitation des Bourbons et un message dont le contenu était clair : cette famille pouvait prétendre au trône de France, à la place des Valois. Elle devra attendre 1589 et Henri IV pour accéder au pouvoir suprême.

LES VITRAUX.  Un message politique et religieux

Le cadeau d'un mécène. Au XVIe siècle, les maîtres verriers se mettent au service des princes et des mécènes. Le donateur des vitraux est ici le cardinal de Givry, oncle de Jacquette de Longwy. C'est un cadeau de mariage fait à sa nièce et à Louis II de Bourbon en 1538. Le cardinal figure en position prestigieuse au-dessous de l'épisode du sacre de Saint Louis, dans la première verrière (baie 9).

Le programme iconographique est exceptionnel car complet. Il est marqué par l'esthétique de Fontainebleau. Chaque verrière se divise horizontalement en trois registres :

  • Dans le registre inférieur, une galerie de personnages en prière, tournés vers le vitrail d'axe du chevet. Ce sont les descendants de Saint-Louis, (le roi et la reine Marguerite de Provence sont représentés sous la Crucifixion) par la branche de son fils Robert de Clermont.
  • Dans le registre médian, la « geste de Saint-Louis », des épisodes soigneusement choisis de sa vie depuis son sacre à Reims en 1228 jusqu'à sa mort devant Tunis le 25 août 1270.
  • Les tympans (partie haute) sont dédiés au Christ, avec au Nord, des épisodes de la Passion, au Sud, des épisodes de la Vie Glorieuse, après la Résurrection.
  • La verrière de la Crucifixion occupe une position charnière entre les deux ensembles. Au tympan apparaît Dieu assistant à la création du monde.

La lecture des vitraux nous donne l'image d'un roi qui reçoit lors de son sacre le pouvoir thaumaturgique de guérir ses sujets, d'apaiser leurs souffrances.

Il est non seulement celui qui lave les pieds des pauvres et rend visite au moine lépreux de l'abbaye de Royaumont (baie 4) mais aussi celui qui souffre en imitant le Christ qui a porté la croix et est mort pour sauver les hommes.

Dans une sorte de logique avec cette règle de vie, c'est aussi celle d'un monarque qui se sent investi par Dieu d'une mission : « se croiser » pour reconquérir le Saint Sépulcre et étendre le domaine de la Chrétienté.

C'est l'image du prince chrétien, de la figure tutélaire de la monarchie française avec Charlemagne (présent avec Saint Jacques et Saint Jean-Baptiste dans la rose du pignon) qui est développée à Champigny. C'est le futur saint qui est célébré selon l'iconographie habituelle de Saint Louis et non le roi politique.

Les Bourbons ne cessaient d'imiter leur ancêtre, nous dit le chroniqueur Brantôme. En se référant à lui, ils voulaient prouver qu'ils étaient dignes de monter sur le trône de France. Les nombreux anachronismes qui actualisent les scènes – les vêtements sont ceux du XVIe siècle, le collier de l'ordre de Saint Michel du XVe - traduisent une continuité de cette lignée dans l'Histoire.

Mais, ne nous trompons pas, le message de la Sainte-Chapelle de Champigny n'est pas exactement celui de Paris où le roi guide et prépare son peuple au retour du Christ et à la fin des Temps. La reconquête de Jérusalem n'est plus à l'ordre du jour. La croisade est dirigée contre les protestants.

La chapelle castrale de Champigny est un témoignage d'orgueil d'une lignée humiliée qui peu à peu reprend sa place à la Cour et retrouve la faveur du roi.

Jean-François PERDEREAU

 

Célébrités


Les paysages de bord de Veude nous rappellent que le grand peintre Chaïm SOUTINE se réfugia à la fin de sa vie dans le village, pendant la période de l'Occupation et peignit de nombreux portraits chargés d'une grande émotion et dans un style moins tourmenté qu'auparavant.

L'écrivain et académicien français Maurice GENEVOIX célèbre dans ses Bestiaires et Trente Mille Jours ce pays de peupleraies où il venait rendre visite à sa grand-mère et son oncle notaire.
Une citation de Maurice Genevoix : « Si l'humanité n'était faite que de romanciers, il n'y aurait pas de guerres ».

Le chanteur et compositeur français, Michel LAMBERT est né à Champigny-sur-Veude vers 1610 (décédé à Paris le 27 juin 1696).
Il reçoit son éducation à la chapelle du duc d'Orléans (Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII). Dès 1636,  il se fait connaître comme chanteur et professeur de chant à Paris.
Il bénéficie de la protection d'importantes personnalités : Gaston d'Orléans et sa fille, Mademoiselle de Montpensier, le cardinal de Richelieu, l'évêque de Lisieux, Fouquet.

 

Visite commentée de la Chapelle

Pour mieux comprendre l'histoire de cet édifice, des visites guidées peuvent être organisées.

Veuillez contacter le régisseur de la Sainte-Chapelle au : 02 47 95 71 46 – 06 83 66 24 57
ou l'association AVEC au  02 47 95 73 36

 

Visite commentée du village

Pour découvrir notre village, l'association AVEC peut vous guider dans les ruelles de Champigny.

Veuillez contacter l'association au 02 47 95 73 36

 

Présentation AVEC

 Association pour la Valorisation de l'Environnement de Champigny-sur-Veude

Notre association regroupe tous ceux qui sont sensibles à l'environnement au sens large du terme : édifices (maisons, châteaux petits et grands...) paysages dont l'aspect a été modelé par ceux qui nous ont précédés.

Conscients d'habiter un village remarquable qui a une histoire, nous voulons agir pour transmettre cet héritage commun à ceux qui viendront après nous.

Ce qui fait l'identité de Champigny-sur- Veude, outre la Sainte Chapelle et le domaine attenant, c'est souvent l'harmonie des éléments qui composent un endroit du village : le mail à l'entrée du bourg avec sa perspective de platanes centenaires, les Paradis, l'allée Soutine, la place du même nom, les Cloîtres, l'étang... Préservons ces endroits car ils sont fragiles et ils appartiennent au regard de tous, passants ou habitants.

Nos objectifs :

  • La protection du patrimoine architectural et de l'environnement. Nos efforts récents ont porté sur la sauvegarde de la chapelle de la Bonne Dame (Notre Dame de Lorette), en liaison avec la Municipalité.
  • La promotion touristique et culturelle. Les « Rencontres de Champigny » abordent des thèmes toujours liés au village : le peintre Chaïm Soutine, l'art de construire à la Renaissance, le vitrail et Saint Louis, le musicien Michel Lambert, l'écrivain Maurice Genevoix. Elles ont connu un grand succès.
  • Nous organisons des visites guidées du village et de la Sainte Chapelle et avons publié un guide de visite, édité des dépliants touristiques traduits dans trois langues.Télécharger le dépliant
  • La connaissance du patrimoine historique ancien et récent : exploitation des archives, des travaux universitaires , des photos anciennes, publication de « Cahiers Campinois », conférences sur les maisons...
  • Nous proposons des conseils de restauration aux personnes privées, désireuses de mettre en valeur leur habitation.

Nous ne voulons pas être un club fermé, réservé à une élite ; au contraire, nous avons besoin de votre contribution pour interroger les pierres et les faire vivre, s'occuper du « futur du passé ».

Vous êtes passionnés par l'histoire de l'art, restaurateurs de maisons anciennes, respectueux du travail des anciens, détenteurs d'anecdotes et de documents, curieux de l'histoire du village, alors rejoignez-nous ou contactez-nous. Vous serez les bienvenus.

Siège de l'association AVEC : Mairie de Champigny-sur-Veude.

Téléphone 02 47 95 73 36

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